par Suzanne LaBrie MA
psychosociologue
Dans le silence, je suis comme cette femme que j’ai suivie dans Central Park la semaine dernière. Je tire un charriot, un buggy, un char rempli de ballons peints aux couleurs de ::
La DOUANCE mais pas n’importe laquelle, celle qui se distingue du HQI (haut quotient intellectuel) et de la mode HP (haut potentiel), celle qui se distingue par la présence simultanée de plusieurs traits caractéristiques dont la sensibilité (empathie véritable), la nuance qui fera la différence entre la douance et une très grande intelligence froidement performante.
La DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE mais pas n’importe laquelle, celle associée à l’univers du travail, celle qui est plus souvent qu’autrement confondue avec la maladie mentale et le trouble du comportement, celle dont on impute systémiquement la responsabilité à l’individu atteint (sic), lequel on réfère à des professionnels chargés de le ramener sur la track, la chaîne, à la table de jeu … à grands coups de psychothérapies brèves et de psychotropes.
L’IDENTITÉ mais pas n’importe laquelle, la dominante, celle sans laquelle nous n’existons pas :: l’identité professionnelle car, hors du travail productif et rentable, point d’existence socio-économique.
Le TRAVAIL, de l’invention du concept dans la Grèce Antique jusqu’à la justification des atrocités perpétrées au nom de la sacro-sainte raison économique et dont l’équation est la suivante :: productivité + docilité = rentabilité. Le travail toxique. Le travail qui ronge l’âme, qui étouffe l’esprit et qui abîme le corps.
Les BESOINS en tant que dimension psychologique de la MOTIVATION au travail. Les VALEURS en tant que dimension sociologique de la motivation au travail … et la tansmutation des valeurs d’usage en valeurs d’échange et des valeurs d’échange en valeurs d’usage. Les ATTENTES, produit d’un lavage de cerveau à l’échelle planétaire … à propos justement de ce dont on (les humains civilisés et branchés) auraient BESOIN et de la VALEUR des choses en $US.
Aux gros ballons se greffent des plus petits, en dépendances. Grands ou petits, ils sont transportés dans un même filet, celui du SENS … dans le sens d’avoir du SENS.
C’est le filet qui est lourd.
Continuer à me taire ou persévérer ?
Je n’ai rien publié pendant presque deux mois. Je me suis demandé s’il ne serait pas préférable que je me taise pour de bon. Parler à contre-courant, c’est de l’ouvrage et c’est dangereux parce qu’on nous peinture dans le coin pour nous réduire au silence.
Mais, il y a eu le Nous? au Monument National le 7 avril dernier. Il y a eu Le Jour de la Terre, le 22 avril. Et il y a en ce moment, la Grève Étudiante avec un grand GÉ. Et l’an dernier, vous vous souvenez du Printemps Arabe ? … et combien d’autres signes ici et ailleurs, ailleurs et ici ? Comme quoi, il y a eu un momentum, un arrêt imperceptible dans l’espace-temps.
Il y aurait eu un moment, entre « maintenant » et « avant maintenant, » au cours duquel la roue de l’ir-raison économique se serait arrêtée (?) … pour reprendre sa course dans le sens de l’humanité (?) … peut-être ?
Il est moins une. Si vous avez lu jusqu’ici, vous le savez aussi bien que moi.
Qui a encore le droit de se taire sur la planète Terre ?
Qui peut encore se permettre de « ne pas » courir le risque d’arrêter de se soumettre au silence et à l’agitation réactive qui l’alimente (?) … peu importe le prix ?
sl•
WOW ! c’est osé, peut-être même dangereux en effet mais tellement juste. Ne vous taisez pas, je vous en supplie.
Merci.
Suzanne,
je ne l’aime plus quand je ne t’entends plus. Pour moi tu fais partie des rares personnes qui éclairent là où il fait sombre, qui allument une lumière là où la pénombre peut paraître inquiétante.
Bien que le silence soit un formidable outil de communication
Non Suzanne, ne te tais pas. Les gouttes d’eau que tu fais tomber dans l’océan des Hommes se propagent à l’infini et atteignent inévitablement le cœur de chacun.
À te lire
Merci Suzanne pour ce plaidoyer pour la parole libérée, pour que la lumière remplace la nuit sombre de notre époque. Nous ne sommes pas obligé d’accepter même si cette résistance demande, lucidité, courage, et dénonciation. Au dictat de l’économie, de l’efficacité, de la rentabilité, certains (en fait beaucoup trop) se permettent de casser, détruire, annihiler ce qu’il y a de plus beau : l’humain, les humains !
Notre société déraille, nous sommes allé trop loin, la crise economique conjuguée aux peurs individuelles et à l’incompétence managériale donnent ce résultat effrayant !
Quelle autre solution que de parler, dire, de répandre la lumière, de dénoncer ces réalités si cruelles qui tuent plutôt que de créer de la valeur aux humains et au service des humains ?
Se taire, c’est accepter, se résigner, c’est se rendre aveugle, c’est la non-vie !!
Non Suzanne, ne vous taisez pas, continuez à parler. Vos idées, vos observations font écho à beaucoup de personnes…..