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Psychosociologie

«Arrosez les fleurs, pas les mauvaises herbes» OU la formule du FAIRE éthique

par Suzanne LaBrie MA
psychosociologue

La certitude de faire la bonne chose et d’en faire toujours plus, même si ça ne marche pas… est une absurdité énergivore et chronophage.

Fletcher Peacock a écrit un livre portant le titre « Arrosez les fleurs,…» et je l’en remercie. Ce livre a changé ma manière de concevoir mon rôle de psychosociologue. En fait, il y reprend l’un des grands principes énoncés par Paul Watzlawick, l’un des gourous de l’École de Palo Alto, berceau de la psychosociologie nord-américaine.

Le principe est simple. Tu fais quelque chose dans le but d’obtenir un résultat.  Si tu obtiens le résultat, tu continues. Tu arroses les fleurs. Mais si tu n’obtiens pas le résultat, tu cesses de faire ce qui ne fonctionne pas et tu fais autre chose, sinon tu arroses les mauvaises herbes. La raison est simple. Tu pourras faire autant et aussi longtemps de ce qui ne fonctionne pas, tout ce que tu obtiendras c’est plus de ce qui ne fonctionne pas.

¦¦ Hier je cherchais une liste de verbes d’action dans le but de la transmetttre à une cliente qui doit refaire son CV. J’étais certaine d’en avoir une quelque part sur l’un de mes trois disques durs. Il y a un matériel pas possible sur ces disques. Mais, je n’ai pas trouvé ce document … parce que je n’ai aucune liste de verbes d’actions dans mes fichiers. Celle que j’ai utilisée pendant des années était fournie par la compagnie où j’ai travaillé. À cause d’une fausse certitude, j’ai arrosé les mauvaises herbes pendant pas loin de deux heures.

En tapant “verbes d’action liste” sur Google, j’ai trouvé quatre listes de verbes d’action très intéressantes, avec des contenus variés. Temps : cinq minutes. ¦¦

Ne croyez pas que pour arroser les fleurs, il me suffisait de chercher immédiatement sur Google. Pour réellement arroser les fleurs, il aurait été souhaitable que je suggère à ma cliente de chercher elle-même sur Google. J’aurais ainsi pu utiliser mon temps et mes compétences ailleurs tout en faisant mon travail correctement, c’est-à-dire supporter la démarche de la personne tout en favorisant son autonomie.

Arroser les fleurs nécessite davantage que de l’intelligence, des diplômes et de l’influence. Il est nécessaire de considérer le processus de réponse à la question QUE FAIRE ? … en l’abordant par le possible, en se déplaçant vers le probable et ensuite vers le réalisable et puis, en élargissant jusqu’au souhaitable (la dimension éthique de l’action humaine).

Au fait, pour que quelque chose fonctionne, il ne suffit pas de lire la recette dans le cahier de charge, ni d’adhérer à une méthode de gestion du temps mais d’appliquer la formule du FAIRE ÉTHIQUE. Quelque chose qui fonctionne (qui marche), c’est une action qui produit des résultats en même temps réalisables et souhaitables. D’une façon ou d’une autre, ils seront rentables. Mais POUR QUI ? … étant une autre question.

Finalement, c’est le confort des certitudes inscrites dans les cahiers de charge qui nous perd. L’exemple que j’ai donné est anodin. Mais qu’en est-il de l’arrosage des mauvaises herbes dans les situations où la dignité, sinon la vie humaine est un enjeu ? Qui pense au souhaitable au moment de décider du sort des autres avec les contraintes de rentabilité, de productivité et de docilité qui sont les nôtres? Lisez mon billet Quelle image le tatoueur a-t-il laissée dans votre âme ?

sl• contact

¦¦ Arrosez les fleurs, pas les mauvaises herbes de Fletcher Peacock : LE LIVRE

A propos Suzanne LaBrie

psychosociologue

Discussion

2 réponses à “«Arrosez les fleurs, pas les mauvaises herbes» OU la formule du FAIRE éthique”

  1. Bonjour,
    J’aime beaucoup ce livre mais je ne l’ai pas compris du tout dans le même sens que vous. En effet, je n’avais pas du tout perçu que la recherche d’un document et la perte de temps générée ainsi soit un des sujets qui intéresse l’auteur.
    J’avais en effet perçu un niveau différent, celui des actions et de la psychologie de soi – même et de la relation aux autres.
    La conclusion que j’ai de la lecture de ce livre: toute personne qui agit voit l’action comme “bonne” selon ses critères, même si aux yeux de son entourage ou de la société, elle ne l’est pas. Le travail psycho-sociologique consistant dans ce cas à trouver les ressorts pour que les actions entrent dans un champ positif et non plus de mauvaise herbe.

    Il me semble que c’est ainsi dans la vraie vie. Les gens passent leur temps à se critiquer les uns les autres, mais dès lors que l’on se dit que les actions des autres contiennent à leurs propres yeux une bonne intention, on accepte bien plus facilement de se demander quelle bonne intention est dessous, comment la décrypter, et donc comment mieux comprendre et intervenir.

    Publié par M.L. | 2 octobre 2011, 11 11 42 104210

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